COMPRENDRE LA SCAPE
1. Ce qu'est la SCAPE
La SCAPE – ou « observation de la faune sauvage » – est un usage ludique de la biodiversité, au même titre que la chasse, la pêche, la randonnée ou la photographie.
Mais elle s'en distingue radicalement par un choix : elle ne détruit rien.
Ni la vie des animaux, ni l'harmonie naturelle, ni la sécurité des autres usagers des espaces naturels.
La SCAPE n'est pas une technique, ni une méthode. C'est un concept, une approche du vivant, au même titre que la musique, la peinture ou la contemplation. Elle ne peut donc être encadrée que par des associations de passionnés, et non par une réglementation descendante qui la réduirait à une simple activité technique.
La SCAPE n'est pas que de l'observation : si elle ne l'était que, on l'appellerait « observation ». Elle est une manière d'être au monde, une relation sensible et respectueuse à la faune.
2. Ce qu'elle n'est pas
Il n'est pas simple de comprendre un nouveau concept. le mieux est de le comparer à ce qui existe et expliquer ce qui le différencie La SCAPE n'est pas une activité politique.
Elle n'a pas vocation à s'opposer frontalement à la chasse ou à ses pratiquants. En revanche, elle lutte contre l'hégémonie politique de la cynégétique – c'est-à-dire contre le monopole de pensée et de décision qui présente la chasse comme la seule activité légitime de gestion de la faune.
Cette lutte est une démarche démocratique et non-violente. Elle revendique une place, pas une exclusion. Elle ne dit pas « il faut interdire la chasse », elle dit : « il faut cesser de nous interdire, nous, ceux qui préfèrent admirer la vie sauvage. »
Ce n'est pas un combat contre des personnes, c'est un combat contre un système d'exclusion.
3. Le cadre législatif : un dogme à dépasser
La législation française actuelle confond la biodiversité avec le gibier.
Elle distingue artificiellement :
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le gibier (ce qu'on peut tuer)
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les nuisibles (ce qu'on doit tuer)
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l'ESOD (espèces susceptibles d'occasionner des dégâts)
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les espèces chassables (selon des listes arbitraires)
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et le reste, parfois protégé, parfois ignoré
Cette vision est dogmatique. Elle repose sur un postulat jamais démontré : la chasse serait la seule activité capable de « gérer » la faune. C'est une croyance, pas une science. Elle s'impose comme une charte imposée, comparable dans sa rigidité à une loi religieuse – sans qu'aucun débat démocratique n'ait jamais validé ce privilège.
Aujourd'hui, cette législation donne aux chasseurs tous les droits, y compris contre l'avis de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), qui a pourtant condamné à plusieurs reprises la France pour son incapacité à protéger certaines espèces ou à encadrer les pratiques cynégétiques.
La chasse n'est plus une simple activité : c'est une mafia d'État, un pouvoir qui échappe au contrôle citoyen et qui décide, seul, de qui peut vivre et mourir dans nos campagnes et nos forêts.
4. Pourquoi la SCAPE est incompatible avec la chasse
Cette incompatibilité n'est pas un choix militant : c'est un constat de terrain.
La SCAPE :
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est discrète, se camoufle, observe sans déranger ;
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s'intéresse au comportement des animaux, pas seulement à leur présence ;
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nécessite une biodiversité naturelle, complète, en équilibre et apaisée.
Or la chasse :
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modifie artificiellement les populations (favorise le gibier, élimine les prédateurs) ;
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détruit les comportements naturels (fuite, stress, perturbation de la reproduction) ;
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rend l'observation mortelle en période de chasse (les observateurs camouflés sont confondus avec du gibier, ou pris pour des cibles).
Les chasseurs ne gèrent pas la biodiversité : ils la réduisent à leurs intérêts. Ils détruisent les prédateurs qui concurrencent « leur » gibier (ESOD), et décident arbitrairement quelles espèces méritent de vivre et lesquelles doivent mourir.
On ne peut pas concilier une pratique qui observe et respecte et une pratique qui tue et transforme selon des critères politiques.
C'est comme si l'on prétendait que la paix et la guerre peuvent coexister sur un même champ de bataille.
5. Une stratégie délibérée : la neutralité apparente
Contrairement à d'autres associations de protection de la nature, la SCAPE a fait un choix stratégique : une présentation neutre et factuelle de ses activités.
Pourquoi ?
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Parce qu'il est dangereux et souvent interdit de s'opposer ouvertement aux chasseurs dans certaines régions.
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Parce que les associations qui ont adopté un ton frontal se sont heurtées à des menaces, des pressions et des blocages.
La SCAPE ne négocie pas, mais elle ne provoque pas non plus. Elle expose ses besoins à l'État, sans agression. Si ces besoins entrent en conflit avec ceux des chasseurs, c'est à l'État de trancher, en son âme et conscience, en respectant la loi et les engagements internationaux de la France.
La neutralité n'est pas une faiblesse, c'est une protection et une arme. Elle permet de rester dans le cadre légal tout en posant des questions que d'autres n'osent pas formuler.
6. Pourquoi des millions de soutiens sont nécessaires
La SCAPE ne peut pas gagner seule contre un système aussi puissant et bien implanté. Elle a besoin de millions de citoyens qui, sans nécessairement être des observateurs, partagent une conviction simple :
La nature n'appartient à personne, et certainement pas à un seul usage.
La biodiversité mérite d'être contemplée, pas seulement gérée par des tirs.
Notre rapport au vivant doit évoluer, et cette évolution passe par la reconnaissance de toutes les formes d'amour de la nature.
Plus les soutiens seront nombreux, moins l'État pourra ignorer la SCAPE. Chaque adhésion, chaque signature, chaque partage est un pas vers une gestion véritablement démocratique de notre patrimoine naturel commun.
7. Conclusion
La SCAPE ne promet pas de remplacer la chasse. Elle ne promet pas la paix immédiate. Elle promet une alternative visible, respectable et légitime à une vision unique et dominante.
Elle ne fait pas la guerre à la chasse : elle refuse de disparaître dans le silence.
Elle ne demande pas la lune : elle demande le droit d'exister sans être menacée, et le droit de la nature à ne pas être réduite à une ressource.
La SCAPE, c'est l'idée que l'on peut aimer la nature sans la tuer.
Et que cet amour-là vaut bien qu'on se batte pour lui – pacifiquement, mais fermement.
Rejoignez-nous. Observez. Soutenez. Faites entendre une autre voix.