« L'animal et la mort. Chasses, modernité et crise du sauvage ».de la anthropologue Charles Stépanoff, Ed. La Découverte :
Économiquement, les dédommagements automatiques reviennent à instaurer une sorte d'élevage en plein air des grands ongulés sauvages où les agriculteurs les nourrissent passivement de leur maïs pour le compte des chasseurs. [...] Avec l'élevage de la perdrix et du faisan, avec le nourrissage rémunéré des sangliers, avec l'utopie du gibier-produit, on voit que la politique de modernisation tente de faire entrer la chasse dans le paradigme de l'exploitation productive de la nature ».
Pierre Serna, Comme des bêtes. Histoire politique de la animal en Révolution (1750-1840). Paris, Fayard,
les combats d’animaux (taureaux, chiens, ours, loups), pratique ancienne qui attire une foule (pp. 59-71) dont les penchants sanguinaires font s’interroger certains auteurs de la époque (p. 69). La culture de la insensibilité, en particulier dès la enfance, est incompatible avec la pacification des mœurs, et cette pensée, que la on trouve chez Kant, fait son chemin dans la esprit du législateur depuis le xviiie siècle2.
La passion cynégétique est une réalité révolutionnaire : « S’il y a des êtres vivants qui ne furent pas à la fête durant ce premier été de la Révolution, ce furent bien les animaux des bois qui subirent un massacre sans précédent », le droit de chasse ayant été délivré à tous Le respect des animaux, étape obligée de la pacification des mœurs interhumaines, se heurte donc à bien des pratiques
Enfin, le végétarisme, sous la plume de Georges Toscan, premier bibliothécaire du Muséum, s’impose comme la « dernière révolution à accomplir ». Un ensemble de préoccupations se dessine, que la police énumère : éduquer le peuple, veiller à sa sécurité et à sa santé, mais aussi prévenir sa violence, et donc protéger les animaux d’une brutalité qui s’exerce largement. Voilà bien un programme politique.
La mode est à la « amélioration » des animaux de rente (c’est-à-dire à la sélection de races à des fins de production)
Rédacteur de la biographie d’un bélier, auquel il promet d’échapper au boucher, Gilbert est, en revanche, violemment opposé à la existence des loups, « un monde à détruire »