CONVAINCRE
L'association SCAPE ne souhaite ni interdire ni obliger. Elle souhaite convaincre.
Convaincre les usagers de la nature qu'il est possible d'en profiter pleinement sans que des exploiteurs s'improvisent seuls gestionnaires légitimes et imposent leurs règles dogmatiques à tous.
Convaincre les citoyens que tuer des animaux par plaisir est une tradition royaliste, pas une obligation républicaine.
Convaincre les citoyens que le loisir d'une minorité qui impose sa loi par les armes n'est pas démocratique, même quand il bénéficie d'une législation d'exception taillée sur mesure.
Convaincre les familles et les enseignants que la SCAPE est une activité de pleine nature sans danger, accessible à tous les âges, et vecteur d'éducation scientifique et de lien avec le vivant.
Convaincre les randonneurs, cyclistes, cavaliers et photographes de nature qu'ils pratiquent déjà une forme de SCAPE sans le savoir, et qu'ils ont tout intérêt à ce qu'elle soit officiellement reconnue.
Convaincre les médias que l'attachement à la faune sauvage est aussi légitime et aussi répandu que l'attachement aux animaux domestiques, et qu'il mérite la même couverture.
Convaincre les propriétaires fonciers que la chasse ne peut se pratiquer chez eux qu'avec leur accord exprès, que ce droit leur appartient réellement, et qu'ils peuvent choisir d'accueillir des scapeurs plutôt que des chasseurs.
Convaincre les agriculteurs que la SCAPE, en défendant les prédateurs naturels — renard, rapaces, belette — contribue gratuitement à réguler les rongeurs nuisibles à leurs cultures, là où la cynégétique aggrave les déséquilibres.
Convaincre les syndicats agricoles que la faune apaisée, non terrorisée par la chasse, cause moins de dégâts aux cultures qu'une faune rendue nocturne et imprévisible par les pratiques cynégétiques.
Convaincre les offices de tourisme et les élus ruraux que l'écotourisme d'observation génère des retombées économiques locales durables, quatre fois supérieures à celles de la chasse, sans en avoir les nuisances.
Convaincre les maires qu'ils disposent, en s'appuyant sur la SCAPE, d'un levier légal et démocratique pour réduire la pression cynégétique sur leur commune et protéger leurs administrés.
Convaincre les élus locaux que l'autorisation de chasse sur les terrains communaux est une décision politique, pas une obligation, et qu'ils peuvent y mettre fin.
Convaincre les partis politiques que soutenir la SCAPE n'est pas une position anti-chasse, mais une position pro-nature portée par une majorité silencieuse d'électeurs — dix fois plus nombreux que les chasseurs.
Convaincre les parlementaires qu'une représentation démocratique équitable implique de donner à la SCAPE un statut législatif équivalent à celui de la chasse dans le code de l'environnement. 80 % des élus sont chasseurs ou proches de la chasse. Ils représentent moins de 10 % des Français. C'est le degré zéro de la démocratie représentative.
Convaincre les préfets que les ESOD ne sont nuisibles qu'aux intérêts cynégétiques, et qu'ils rendent des services écologiques et agronomiques au reste de la société. Le mot « susceptible » permet de condamner une espèce entière sans prouver sa nuisance. C'est une honte juridique.
Convaincre le ministre de l'Intérieur que la chasse génère, dans les espaces ruraux et périurbains, un niveau d'insécurité objective — une centaine d'accidents et une dizaine de morts par an — que l'État tolère pour aucun autre loisir.
Convaincre le président que la chasse est le sport de tir le moins encadré en termes de sécurité pour les tiers. Aucun stand de tir ne laisse ses balles traverser l'espace public. La chasse, si. Deux agents de l'OFB par département pour contrôler des dizaines de milliers de chasseurs armés : c'est moins que rien.
Convaincre le législateur qu'une gestion écosystémique de la biodiversité, fondée sur l'observation scientifique, est plus efficace, moins coûteuse et plus durable que la gestion cynégétique, dont les résultats — explosion des sangliers, effondrement des perdrix, saturnisme des rapaces — parlent d'eux-mêmes.
Convaincre l'OFB que la faune sauvage s'autorégule depuis des centaines de millions d'années, que toute intervention humaine devrait s'en rapprocher plutôt que s'y substituer, et que confier la gestion de la biodiversité à ceux dont le seul objectif déclaré est de la prélever est une contradiction insurmontable.
Convaincre les organismes de sciences participatives — Muséum, MNHN, Vigie-Nature, OFB — que les scapeurs constituent un réseau d'observateurs rigoureux, complémentaires des protocoles scientifiques professionnels, et infiniment plus objectifs que les tableaux de chasse.
Convaincre les vétérinaires et les instances sanitaires que la pollution au plomb des gibiers et des sols, issue des munitions de chasse — 6 000 à 8 000 tonnes par an en France — constitue un risque de santé publique grave et délibérément sous-évalué.
Convaincre les compagnies d'assurance que le risque cynégétique imposé à tous les autres usagers de la nature devrait être couvert et tarifé à sa juste valeur actuarielle, et non socialisé en silence.
Convaincre les fabricants d'optique, de photographie et d'équipement de plein air que la SCAPE représente un marché structuré et en forte croissance, qu'il est dans leur intérêt économique direct de soutenir et de faire reconnaître.
Convaincre les institutions culturelles — musées d'histoire naturelle, centres d'art, écoles — que la SCAPE est leur prolongement actif dans la société civile, et que l'art d'immortaliser le vivant mérite le même statut que n'importe quel autre art.
Convaincre les associations de protection de l'enfance et les professionnels de santé mentale que le contact respectueux avec la nature sauvage est un facteur de développement et d'équilibre psychologique documenté, que la SCAPE peut structurer et démocratiser.